Man of Steel

ZACK SNYDER

MAN OF STEEL

Superman perd son slip

Sept ans. Cela faisait sept ans que j’attendais la sortie du nouveau Superman. Rien que ça. Oui, je sais, vous pensez sans doute : « Quand on se dit amateur de cinéma, pourquoi prêter attention aux films de super-héros ? » Détrompez-vous : les studios hollywoodiens ont su, depuis de nombreuses années déjà, confier la réalisation de ces films à de talentueux metteurs en scène. Pour n’en citer que deux : Tim Burton, qui avait incorporé avec brio son univers dans celui de Batman, et Sam Raimi,  auteur de la trilogie « super-héroïque » la plus aboutie – Spider-Man 2 est sans conteste le plus beau et profond film du genre.

Alors voilà, Clark Kent,  Jor-El & Co. se faisaient désirer depuis 2006 et je commençais à trouver le temps long. Le dernier opus, intitulé Superman Returns (Bryan Singer, 2006), m’avait laissé un goût d’inachevé. Les bonnes idées étaient bien là, mais le flou (accompagné d’une certaine mollesse) rôdait autour du scénario. Les critiques n’avaient d’ailleurs pas manqué de tailler à ce Superman un costume cape-collants-bottes sur mesure.

MAN OF STEEL

En 2010 (après neuf ans de fausses annonces et de projets abandonnés), Zack Snyder (300Watchmen – Les Gardiens) était choisi pour donner un nouveau souffle à la saga. Ce que la Warner Bros. attendait de lui ? De l’action, de la bagarre et des effets spéciaux éblouissants. Les fans de la première heure, eux, se tenaient prêts à  montrer les dents à la première infidélité faite au comics original (mais nous savons tous que le mot « puriste » est le joli paquet cadeau de quelque chose de pas très noble : la fermeture d’esprit). Pendant de longs mois, une sublime bande-annonce nous laisser entrevoir le meilleur. Mais le réalisateur de L’Armée des morts (Dawn of the Dead, , 2004) reconnu pour le rendu visuel si particulier de ses films, a-t-il réussi à donner de la consistance à l’ensemble du film ? Est-il l’auteur du premier long-métrage vraiment abouti sur le rescapé de Krypton ?

3 raisons pour lesquelles Man of Steel est un mauvais cru de Superman : 

1. Des personnages à la psychologie inexistante.  Deux heures de film, pour 10 minutes de dialogues (j’entends déjà les mauvaises langues dire que Malick fait la même chose). L’absence de profondeur devient vite flagrante. Pas le temps de faire connaissance avec les personnages, ni de comprendre le pourquoi de leurs décisions et réactions. Ces derniers ne prennent part à l’intrigue que par obligation scénaristique. À aucun moment Snyder n’a eu la volonté de redessiner subtilement les relations entre les protagonistes, de réadapter l’histoire, de la transposer intelligemment dans un univers plus personnel  (voire intimiste). Zod (interprété par Michael Shannon) est une caricature du méchant bête et sanguinaire. Alors que d’autres réalisateurs creusaient la personnalité et la sentimentalité de leur héros (Sam Raimi a fait de Peter Parker un ado entrant dans l’âge adulte, coincé entre ses premiers amours et sa vie d’homme-araignée, alors que Christopher Nolan a mis en avant le côté sombre et torturé de Bruce Wayne), Snyder a décidé de ne pas s’encombrer de tels artifices : son « homme d’acier » sera beau, bête et musclé. En 2 h 23, il y avait le temps de faire mieux.

2. Une overdose de combats (et de bruit, surtout). Préparez-vous : la dernière heure du film est basée sur des explosions et du bruit (un concept certes jouissif pendant les dix premières minutes, mais insupportable pendant les cinquante suivantes). Les scènes de destruction massive se succèdent, des milliers de gens meurent… Un spectacle aussi assourdissant qu’exagéré.

3. Superman perd son slip. Le fils de Jor-El porte un slip rouge. Sur des collants bleus. Il en a toujours été ainsi. Pourquoi le lui avoir retiré ? Superman sans slip rouge… Est-ce bien Superman ?

MAN OF STEEL

3 raisons d’être optimiste pour la suite : 

 1. Les effets-spéciaux. Dans le premier Superman (Richard Donner, 1978), Christopher Reeve s’envolait avec la grâce d’un tétraplégique (oui, je sais, c’est un peu facile – paix à son âme). Soyons francs : grâce aux progrès numériques, Zack Snyder peut filmer, comme jamais auparavant, Superman qui vole, qui tape, qui détruit, etc. Les possibilités deviennent infinies. Dans un film comme celui-ci, c’est un aspect qui compte.

 2. La dernière minute du film. 2 h 20 durant, Snyder passe à côté de ce que nous attendions tous : les difficultés de la double vie Clark Kent / Superman, l’évolution de la relation avec Lois Lane, le choix entre le bien et le mal, etc. Mais le final (que je ne révèlerai pas) laisse espérer une éventuelle suite, plus fine et intéressante. Man of Steel ne serait alors qu’une inauguration en feu d’artifice, le commencement tonitruant de quelque chose de plus organisé et réfléchi. Une laideur de laquelle surgirait la beauté (un big-bang, en quelque sorte). On peut toujours rêver.

 3. Superman perd son slip (bis). Un slip rouge sur des collants bleus, c’est ridicule. Il était grand temps que quelqu’un ait le courage d’y remédier. Zack Snyder l’a fait (le slip est peut-être passé sous les collants, mais ça on s’en fiche, on le voit pas). Le sauveur de la Terre sans sous-vêtements apparents, c’est quand même plus classe.

MAN OF STEEL

MAN OF STEEL

États-Unis/Canada/Royaume-Uni (2013). 2h23.  Réal. : Zack Snyder. Scén. : David S. Goyer, d’après une histoire de David S. Goyer et Christopher Nolan, d’après les personnages créés par Jerry Siegel et Joe Shuster. Dir. art. : Vlad Bina, Chris Farmer, Aaron Haye, Dan Hermansen, Craig Jackson, Helen Jarvis et Kim Sinclair. Déc. : Alex McDowell. Cost. : James Acheson et Michael Wilkinson. Photo. : Amir Mokri. Mont. : David Brenner. Mus. : Hans Zimmer. Prod. : Christopher Nolan, Charles Roven, Deborah Snyder et Emma Thomas. Cie de prod. : Warner Bros., Legendary Pictures, Syncopy Films, DC Comics et Third Act Productions. Distr. : Warner Bros. Int. : Henry Cavill (Kal-El /Clark Kent / Superman), Amy Adams (Lois Lane), Michael Shannon (Zod), Russell Crowe (Jor-El), Kevin Costner (Jonathan Kent), Diane Lane (Martha Kent), Laurence Fishburne (Perry White).

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