The Amazing Spider-Man : le destin d’un Héros

Marc Webb

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Trop c’est trop

Deux ans après le premier reboot de Spider-Man, Marc Webb nous livre un deuxième opus davantage axé sur le « fun ». Des pirouettes et de la bagarre à gogo, si vous préférez. Après avoir capté notre curiosité, Marc Webb a-t-il attiré notre attention ?

On a essayé. Vraiment. Après la brillante trilogie de Sam Raimi, on a essayé de donner une chance à Marc Webb. On se disait que ce dernier arriverait peut-être, en mettant l’accent sur un aspect méconnu de la personnalité de l’homme-araignée, à nous captiver. Et à nous faire oublier la relation fascinante entre Tobey Maguire (Peter Parker / Spider-Man) et Kirsten Dunst (MJ Watson). La tâche paraissait ardue. Elle s’est révélée impossible.

Lors de la sortie du premier opus, en 2012, l’auteur de (5OO) jours ensemble* nous avait pourtant agréablement surpris. Sans atteindre la grâce des moutures de Sam Raimi, ce nouveau Spider-Man avait du mordant, et nous laissait espérer encore mieux. Seulement voilà, M. Webb a succombé aux sirènes du grand spectacle bête et méchant. Le destin d’un Héros a certes gagné en « fun » (comme le désirait le réalisateur), mais a perdu en âme.

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En reprenant la saga, en 2012, Webb avait machinalement suivi la mode lancée par la trilogie Batman de Christopher Nolan, en rendant son personnage plus sombre et renfermé. Cette fois-ci, le cinéaste américain a effectué un virage à 180°, pour un film assourdissant, tout en son et lumière. Les effets spéciaux sont les vraies vedettes du film, et l’on oublie un peu l’intrigue de base. On est ici en plein dans la « destruction massive » tant prisée des studios hollywoodiens. Des immeubles qui s’effondrent les uns après les autres. Et des morts, beaucoup de morts. Les répliques d’Andrew Garfield (qui sur-joue et devient très vite insupportable) se limitent à de lourdes blagues pour adolescents (alors que dans la salle le public se situe plutôt entre 7 et 12 ans), et le personnage de Gwen Stacy (Emma Stone) ne trouve jamais sa place dans ce monde de brutes. Pour couronner le tout, Harry Osborn trouve une interprétation caricaturale – et donc peu crédible – en la personne de Dane DeHaan. Agaçant.

Après presque deux heures et demie de film, les lumières s’allument et l’on ne peut s’empêcher de se poser cette question : pourquoi ? Pourquoi avoir enchainé si rapidement sur une nouvelle saga, alors que celle de Sam Raimi avait su convaincre public et critique à la fois ? Il faut dire que cette franchise est devenue une sacrée machine à sous. En quittant la salle, une amère sensation de déjà-vu pointera le bout de son nez. Comme la légère impression de s’être fait arnaquer. Pas si « fun », finalement, ce Spider-Man.

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*(500) Days of Summer (2009)

 

THE AMAZING SPIDER-MAN : LE DESTIN D’UN HÉROS

THE AMAZING SPIDER-MAN 2

États-Unis (2014). 2h21. Réal. : Marc Webb. Scén. : Alex Kurtzman, Roberto Orci et Jeff Pinkner d’après une histoire de James Vanderbilt basée sur les personnages créés par Stan Lee et Steve Ditko.Prod. : Avi Arad, Matthew Tolmach. Dir. photo. : Daniel Mindel. Mont. : Elliot Graham, Pietro Scalia. Déc. : Kim Jennings, Richard L. Johnson. Cost. : Deborah Lynn Scott. Cie de prod. : Marvel Studios Int. : Andrew Garfield (Peter Parker / Spider-Man), Emma Stone (Gwen Stacy), Jamie Foxx (Maxwell Dillon / Electro), Dane DeHaan (Harry Osborn / Bouffon vert), Colm Feore (Donald Menken), Felicity Jones (Felicia Hardy), Paul Giamatti (Aleksei Sytsevich / le Rhino), Sally Field (May Parker), Campbell Scott (Richard Parker).

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