The Homesman

Tommy Lee Jones

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 Tableau de maître

Neuf longues années après Trois enterrements, Tommy Lee Jones repasse brillamment derrière la caméra, aux commandes d’un film lunaire et torturé. En compétition cette année au Festival de Cannes, The Homesman confirme que Tommy Lee Jones est bien un grand cinéaste.

Qui a dit que les femmes n’avaient pas leur place dans le cinéma de Tommy Lee Jones ? Dans The Homesman, Mary Bee Cuddy (Hilary Swank) laboure la terre, jouit d’un compte en banque bien rempli et n’hésite pas à demander en marriage les hommes qui lui paraissent dignes de sa compagnie. Rien que ça. Dans le Nebraska des années 1850, Mary Bee va accepter (parce que les hommes de son village n’ont pas eu le courage de le faire) d’effectuer un voyage de plusieurs semaines jusqu’en Iowa, afin d’emmener en mains expertes trois jeunes femmes ayant perdu la raison. Sur son chemin, elle sauvera la vie de George Briggs, qui en retour l’accompagnera dans ce dangereux voyage.

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Avec trois passagères plus proches de cadavres que de jeunes filles en fleur, le voyage de Mary Bee et Georges a plus d’un point commun avec celui de Pete, qui se chargeait dans Trois enterrements (The Three Burials of Melquiades Estrada, 2005) de rapatrier le corps du travailleur illégal Melquiades. La mort est une menace constante, à l’intérieur comme à l’extérieur du véhicule, et les personnages doivent faire face à de multiples dangers.

Tommy Lee Jones nous délivre ici un sublime portrait de l’Amérique des pionniers. Au coeur du cadrage, alors que l’auteur assène ses coups de pinceaux mortels, fenêtres et portes semblent toujours, en arrière-plan, s’ouvrir sur quelque chose de plus large, de plus beau. Il en est ainsi dans The Homesman : la mort côtoie la splendeur. Au cours de ce voyage aux relents de mort, couchers de soleil brûlants et neiges cinglantes se succèdent interminablement.

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Ces toiles superposées ramènent magistralement à la vie un pan fascinant de l’histoire des États-Unis, et Tommy Lee Jones n’oublie pas d’incorporer des éléments du western classique : paysages désertiques à perte de vue, apparitions saisissantes des Indiens ou encore duels à mort. Du pur plaisir cinématographique, avec en outre des acteurs fabuleux (à commencer par Tommy Lee Jones lui-même). Difficile de ne pas adhérer, et de ne pas regretter que ce cinéaste ne soit pas plus prolifique.

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The Homesman

États-Unis (2014). 2h2. Réal. : Tommy Lee Jones. Scén. : Kieran Fitzerald, Wesley A. Oliver, Tommy Lee Jones, d’après le roman « The Homesman » de Glendon Swarthout. Mus. : Marco Beltrami. Photo. : Rodrigo Prieto. Mont. : Roberto Silvi. Déc. : Merideth Boswell. Cost. : Lahly Poore. Dir. art. : Guy Barnes. Prod. : Luc Besson, Peter Brant. Cie de prod. : EuropaCorp. Distr. fr. :  EuropaCorp. Int. : Tommy Lee Jones (George Briggs), Hilary Swank (Mary Bee Cuddy), Hailee Steinfeld (Tabitha Hutchinson), William Fichtner (Vester Belknap), Meryl Streep (Altha Carter), David Dencik (Thor Svendsen), James Spader (Aloysius Sours).

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Une réflexion sur “The Homesman

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