Maps to the Stars

David Cronenberg

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Prison dorée

Maps to the Stars vient confirmer la volonté de David Cronenberg de se frotter à tous les genres, en variant habilement les structures narratives. Après Cosmopolis et A Dangerous Method, le Canadien surprend encore et signe un nouveau film majeur.

L’affiche du film (souvent anecdotique, je vous l’accorde) en dit long : des palmiers en feu jettent une lumière apocalyptique sur les fameuses lettres blanches, en arrière plan : « HOLLYWOOD ». On sait à quoi s’en tenir. Et le film tiendra les promesses affichées.

Maps to the Stars suit la trajectoire de plusieurs personnages liés d’une manière ou d’une autre à Hollywood. Agatha, brûlée au visage lors d’un tragique accident quelques années plus tôt, débarque à Los Angeles pour trouver un job. Havana (sublime Julianne Moore, Prix d’interprétation à Cannes pour ce rôle), vedette de cinéma dans une période de vaches maigres,  cherche pathétiquement à renouer avec les projecteurs alors que Benjie, imbuvable enfant star, est étrangement surprotégé par ses parents.

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À priori indépendants les uns des autres, ces personnages vont rapidement révéler leurs secrets et leurs parentés (autant biologiques que psychologiques). Grâce au talent du scénariste Bruce Wagner, le tout prend forme, petit à petit mais implacablement. Inceste (« métaphore des studios hollywoodiens » selon l’auteur), violence, égos surdimensionnés : Cronenberg creuse sous la surface lisse et brillante du cinéma populaire américain. Les spectateurs aussi en prennent pour leur grade : l’adoration naïve des stars de cinéma est bête et dangereuse.

En s’attaquant de manière virulente aux travers de Hollywood, le réalisateur des Promesses de l’ombre (Eastern Promises, 2007) s’inscrit dans la lignée des grands cinéastes ayant dénoncé les abus et les absurdités des célèbres studios (on pense à Billy Wilder, particulièrement prolifique sur ce sujet). Le poème Liberté de Paul Éluard, asséné par plusieurs personnages comme une prière tout au long du film, envoie un message sans équivoque : toutes ces vedettes hollywoodiennes, esclaves de l’argent et imbues de leur personne, sont bel et bien captives, et ne rêvent que de s’envoler le plus haut possible. Même par la plus radicale des manières.

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Maps to the Stars

Canada/Allemagne (2014). 1h51. Réal. : David Cronenberg. Scén. : Bruce Wagner. Dir. art. : Edward Bonutto, Elinor Rose Galbraith. Déc. : Carol Spier. Photo. : Peter Suschitzky. Mont. : Ronald Sanders. Mus. : Howard Shore. Prod. : Saïd Ben Saïd, Martin Katz, Michel Merkt. Cie de prod. : Integral Film, Prospero Pictures, SBS Productions, Sentient Entertainment. Distr. : Entertainment One, Le Pacte. Int. : Julianne Moore (Havana Segrand), Mia Wasikowska (Agatha Weiss), John Cusack (Dr Stafford Weiss), Robert Pattinson (Jérôme Fontana), Olivia Williams (Christina Weiss), Sarah Gadon (Clarisse Taggart), Evan Bird (Benjie Weiss).

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Une réflexion sur “Maps to the Stars

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