Winter Sleep

Nuri Bilge Ceylan

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Voyage au bout de l’hiver

Palme d’or du dernier Festival de Cannes, Winter Sleep divise la presse spécialisée, qui hésite entre éblouissement et agacement. Sur ce blog, en revanche, le verdict est clair, net et précis : le dernier film de Nuri Bilge Ceylan est magnifique. Et voici 5 bonnes raisons d’aller le voir.

1. C’est beau. Dès les premières images, la beauté des paysages turcs de Cappadoce (en Anatolie) vous prend au ventre. Interdiction de regarder Winter Sleep  sur petit écran : vous passeriez à côté d’une splendeur inouïe. Ajoutez à cela une photographie discrète – mais pointilleuse -, et vous obtenez un véritable régal pour les yeux.

2. C’est fin. L’auteur des Trois Singes (Üç Maymun, 2008) laisse parler ses personnages, et c’est extrêmement appréciable. Le film regorge de dialogues savoureux, qui permettent aux personnages d’échanger leurs points de vue sur l’amour, l’argent ou encore la religion. Le tout est servi par une interprétation remarquable.

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3. C’est long (donc c’est bon). Certains films sont trop courts. D’autres durent 1h30 mais semblent interminables… La durée d’un film, l’utilité de celle-ci et la perception qu’en ont les spectateurs sont des facteurs indéfiniment variables. Pas de science exacte dans ce domaine. Mais imaginez-vous confortablement assis devant un écran géant, pour voir un film qui possède toutes les qualités décrites dans cet article… Dans le cas de Winter Sleep, la durée est un énorme atout. 3h15 de plaisir. Alors, heureux ?

4. C’est du cinéma. Avouez-le : vous commencez à en avoir marre des films insipides. Transfomers, c’était amusant au début (il parait), mais après le neuvième épisode vous commencez à sentir une légère douleur là où je pense. Normal : on vous prend pour des idiots (et en plus on vous fait payer). Même chose avec Spider-Man, Superman & Cie (que j’ai pourtant défendu pendant longtemps – à l’époque où ils avaient encore quelque chose d’intéressant à dire) : ça tourne en rond. Alors en cette saison de blockbusters, dépensez votre argent sagement. Pour aller voir du cinoche, du vrai.

5. C’est une Palme d’Or. Vous pensez peut-être que cela n’est pas un gage de qualité, mais les différents jurys du Festival de Cannes se sont rarement trompés. Que ce soit pour faire découvrir un nouveau talent ou récompenser le travail d’un grand réalisateur (c’est le cas ici), le choix final est souvent cohérent. Jetez un œil au jury de la 67e édition : la présidente Jane Campion était entourée de Carole Bouquet, Sofia Coppola, Willem Dafoe, Jeon Do-Yeon, Gael Garcia Bernal, Leila Hatami, Nicolas Winding Refn et Jia Zhang-ke. Des gens à qui l’on peut confier du (bon) cinéma.

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WINTER SLEEP

KIS UYKUSU

Turquie (2014). 3h16. Réal. :  Nuri Bilge Ceylan. Scén. : Nuri Bilge Ceylan et Ebru Ceylan. Photo. : Gökhan Tiryaki. Mont. : Nuri Bilge Ceylan. Prod. : Zeynep Özbatur Atakan. Cie de prod. : NBC Film, Memento Films, Arte France Cinéma, Bredok Film Productions. Int. : Haluk Bilginer (Aydin), Demet Akbag (Necla), Melisa Sözen (Nihal), Ayberk Pekcan (Hidayet), Tamer Levent (Suavi), Nejat Isler (Ismail), Serhat Kilic (Hamdi).

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2 réflexions sur “Winter Sleep

  1. Pingback: Top ten 2014 | Blog de cinéma.

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