Magic in the Moonlight

Woody Allen

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Certaines choses ne s’expliquent pas

Parfois longuet et pas toujours très fin, le nouveau film de Woody Allen est pourtant habité par un charme fou, un je-ne-sais-quoi qui le sauve de l’échec. Les yeux d’Emma Stone, peut-être…

Stanley Crawford est un magicien. Autrement dit : il sait mieux que personne que la magie n’existe pas. Derrière tout mystère se cache une explication rationnelle, et toute illusion peut être implacablement dissipée. Lorsqu’un confrère lui avoue avoir rencontré une jeune femme dont le don de divination semble sans faille, il décide d’aller l’observer afin de révéler l’imposture au grand jour. Mais tout ne va pas se passer comme prévu…

Dans Magic in the Moonlight, Woody Allen explore le conflit entre la rationalité et l’inexplicable : les véritables voyants existent-ils ? Y a-t-il une vie après la mort ? Peut-on communiquer avec les esprits ? Et Dieu, dans tout ça ?  À travers la rencontre de deux personnages que tout oppose, le réalisateur américain nous conduit avec de gros sabots vers une conclusion un peu niaise : s’il y a bien un phénomène illogique qui ne s’explique pas, c’est l’amour. Les ressorts de la comédie romantique ne sont jamais très loin. L’histoire d’un homme dont les convictions vont êtres ébranlées par un femme ravissante : c’est du déjà vu. Et pourtant…

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Magic in the Moonlight ne possède pas la profondeur ni la finesse de Blue Jasmine, le précédent opus de Woody Allen, mais il est doté d’un indéniable charme. La douceur de la photographie (ah, le sud de la France…), l’accompagnement jazz irrésistible ou encore cet humour, toujours si juste chez l’auteur de Match Point, contribue à faire passer un agréable moment au spectateur. Malgré les grosses ficelles du scénario (à l’image d’un tour de magie accomplit par des mains malhabiles), le charme opère.

Le réalisateur de Manhattan est tellement prolifique que tous ses films ne peuvent pas atteindre des sommets, mais son incroyable capacité à se renouveler tout en explorant des thèmes récurrents est admirable. À la fin de Magic in the Moonlight, le spectateur ressent la même chose que Stanley face à Sophie : la logique et le rationnel ne joue pas en sa faveur, mais certaines choses – celles qui viennent du cœur – ne s’expliquent pas…

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MAGIC IN THE MOONLIGHT

États-Unis (2014). 1h38. Réal. :  Woody Allen. Scén. : Woody Allen. Photo. : Darius Khondji. Mont. : Alisa Lepselter. Cost. : Sonia Grande. Dir. art. : Anne Seibel. Cie de dist. : Sony Pictures Classics. Prod. : Letty Aronson, Stephen Tenenbaum et Edward Walson. Cie de prod. : Perdido. Int. : Emma Stone (Sophie), Colin Firth (Stanley), Marcia Gay Harden (Mrs Baker), Hamish Linklater (Brice), Jacki Weaver (Grace), Simon McBurney (Howard Burkan), Eileen Atkins (Tante Vanessa), Jeremy Shamos (George), Ute Lemper (chanteuse).

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3 réflexions sur “Magic in the Moonlight

  1. Pingback: Octobre en bref | Blog de cinéma.

  2. Pas le film du siècle certes, mais on passe un bon moment. C’est généralement bien joué, on devine facilement la fin, c’est peut-être fait exprès? La manière dont Woody Allen pose l’intrigue et les personnages est simple, épuré, droit au but et ça c’est super bien monté.

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