American Sniper

Clint Eastwood

American blues

Clint Eastwood s’attaque à l’histoire récente des États-Unis, et continue le portrait de son pays. Dans American sniper, il filme une guerre d’un nouveau genre, mais il dépeint surtout une Amérique lasse. Et c’est là que son film est le plus intéressant.

Si vous avez aimé Apocalypse Now, Full Metal Jacket ou encore Voyage au bout de l’enfer, alors vous aimerez le dernier film de Clint Eastwood. American sniper se place dans la lignée de ces monuments du cinéma. À la manière d’un Coppola ou d’un Cimino, l’auteur de L’Échange montre la dure réalité d’une guerre et ses conséquences psychologiques. Mais son œuvre se démarque par plusieurs particularités.

Pas de leçon d’histoire ici, pas de parti pris idéologique, pas de diabolisation d’un camp ni de l’autre. C’est la trajectoire d’un seul personnage qui intéresse Eastwood. Celle de Chris Kyle, tireur d’élite légendaire qui aurait tué plus de 200 personnes pendant la guerre d’Irak. C’est autour de lui que le film est construit. La lutte d’un homme contre lui-même, davantage dans le sillon de son père que dans celui de la nation. Eastwood renoue ici avec la thématique de l’héritage, remarquablement abordée dans Gran Torino. On voit ici la puissance et la portée d’une éducation, qui nous porte toute une vie.

L’une des réussite du film est de montrer une guerre nouvelle. Une guerre des drones, aérienne. Le réalisateur de Chasseur blanc, cœur noir multiplie les magnifiques plans aériens en plongés. C’est une guerre qui se mène de loin, d’en haut. Depuis les avions ou depuis le sommet d’un immeuble… C’est une guerre inégale. Pas de glorification idéologique ici, contrairement à ce que certains ont voulu voir. Tout sera, de toute façon, emporté par le temps, par l’histoire, par les tempêtes de sable du Moyen-Orient.

American sniper montre surtout une Amérique fatiguée, lasse des guerres qu’elle déclenche et mène aux quatre coins du monde, sans plus trop savoir pourquoi. À l’instar des errances de Chris Kyle (remarquablement interprété par Bradley Cooper) et de sa femme, le temps est peut-être venu de mener les conflits de l’intérieur… Mais allez d’abord voir le film, et nous en débattrons après.

AMERICAN SNIPER

États-Unis (2014). 2h12. Réal. : Clint Eastwood. Scén. : Jason Dean Hall, d’après l’autobiographie de Chris Kyle. Dir. photo. : Tom Stern. Déc. : James J. Murakami, Charisse Cardenas. Cost. : Deborah Hopper. Son : Bub Asman, Alan Robert Murray. Mont. : Joel Cox, Gary D. Roach. Mus. : Joseph S. DeBeasi. Prod. : Clint Eastwood, Robert Lorenz, Andrew Lazar, Bradley Cooper, Peter Morgan. Cie de prod. : Warner Bros., Village Roadshow Pictures, Mad Chance Productions, 22 & Indiana Pictures, Malpaso Productions. Dist. fr. : Warner Bros.

Int. : Bradley Cooper (Chris Kyle), Sienna Miller (Taya Renae Kyle), Jake McDorman (Ryan Job), Luke Grimes (Marc Lee), Kyle Gallner (Winston), Keir O’Donnell (Jeff Kyle), Sam Jaeger (capitaine Martens), Brian Hallisay (capitaine Gillespie), Marnette Patterson (Sarah).

 

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