Inherent Vice

Paul Thomas Anderson

Foggy nights

Après le magistral The Master, Paul Thomas Anderson nous propose un objet cinématographique qui en déroutera plus d’un. Tout en surprenant le spectateur, le loufoque Inherent Vice confirme le grand talent de metteur en scène de l’auteur de Magnolia.

Si vous n’aimez pas être mis à contribution devant un film, si vous préférez que l’intrigue soit claire comme de l’eau de roche et que la fin explique tout, alors vous n’aimerez pas Inherent Vice. Dans son dernier film, Paul Thomas Anderson brouille les pistes et trouble le spectateur. Qu’il est agréable de se faire balader dans cette enquête sans queue ni tête !

Dans le Los Angeles hippie des années 1960, un détective privé est contacté par son ex-petite amie. Amoureuse d’un riche homme d’affaires, elle craint que la femme de ce dernier et son amant ne veuillent le faire interner… L’intrigue est déjà fumeuse. Cannabis et cocaïne feront le reste.

À l’image des personnages, le film semble sous substance : les scènes ne s’enchainent pas toujours avec une évidence limpide, les pensées et actions des personnages sont parfois absurdes… Peu importe ! La mise en scène de Paul Thomas Anderson nous mène, à l’aide d’un humour décapant, dans les méandres de ce complot hallucinant et halluciné.

La photographie (quel travail de Robert Elswit !) dépeint à merveille l’ambiance doucement psychédélique de l’époque, et les personnages, tous plus improbables les uns que les autres, sont interprétés avec brio (Joaquin Phoenix et Josh Brolin en tête). Après une demie-heure de film, vous aurez perdu le fil : c’est bon signe. Détendez-vous, laissez-vous aller, vous êtes devant du bon cinéma…

INHERENT VICE

États-Unis (2014). 2h29. Réal. : Paul Thomas Anderson. Scén. : Paul Thomas Anderson, d’après Vice caché (Inherent Vice), de Thomas Pynchon. Dir. photo. : Robert Elswit. Déc. : David Crank. Cost. : Mark Bridges. Mont. : Leslie Jones. Mus. : Jonny Greenwood. Prod. : Paul Thomas Anderson, Daniel Lupi, Joanne Sellar. Cie de prod. : Ghoulardi Film Company, Warner Bros. Dist. fr. : Warner Bros. France.

Int. : Joaquin Phoenix (Larry « Doc » Sportello), Katherine Waterston (Shasta), Josh Brolin (Bigfoot Bjornsen), Owen Wilson (Coy Harlingen), Benicio del Toro (Sauncho Smilax), Sasha Pieterse (Japonica Fenway), Martin Short (Dr. Blatnoyd), Reese Witherspoon (Penny), Hong Chau (Jade).

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3 réflexions sur “Inherent Vice

  1. Le brouillage des pistes ne m’a pas déplu. Mais au final je trouve que l’on ne retient pas grand chose du film, à part une mise en scène brillante quoique un peu tape-à-l’œil.

    • Merci pour ton commentaire. Peut-être un peu tape-à-l’œil, mais quel talent… Ce que j’aime c’est l’indépendance d’esprit et de style de Paul Thomas Anderson, dans un milieu très formaté.

  2. Pingback: Mars en bref | Blog de cinéma.

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